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Non classé pêche à la mouche

le bonefish aux Bahamas

** Le bonefish aux Bahamas **

** À la Recherche du fantôme des flats**

un bonefish pris à retourné à l'eau
bonefish pris à vue dans 20cm d’eau

Pêcher le bonefish à la mouche sur les flats des Bahamas est une expérience à part. Une pêche faite de lumière, de silence, d’observation et d’attente. Ici, rien ne ressemble vraiment à ce que l’on connaît en rivière.

Au fil de mes différents voyages aux Bahamas, j’ai beaucoup appris. Ces séjours, extrêmement formateurs, m’ont plongé dans un univers fascinant. Ce qui devait être, au départ, une simple expérience de pêche est progressivement devenu une véritable quête : celle du bonefish, ce poisson que l’on surnomme à juste titre le « fantôme des flats » (albula vulpes).

La plupart du temps, cette pêche se pratique à pied. Il faut donc l’aborder presque comme une randonnée https://franckcoudiere.com/equipement-pour-la-peche-sur-les-flats-des-bahamas/ : se protéger sérieusement du soleil, emporter suffisamment d’eau et accepter de marcher longtemps dans quelques dizaines de centimètres d’eau à la recherche d’un poisson parfois invisible jusqu’au dernier moment.

Et c’est précisément ce qui fait tout le charme de cette pêche

paysage des Bahamas
la beauté légendaire des Bahamas

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Apprendre à lire les flats

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Avant même de pensé à lancer, il faut apprendre à repérer les signes.

Sur les immenses platiers bahaméens, la présence des bonefish n’est pas toujours évidente à détecter. Pourtant, lorsqu’ils se nourrissent, les poissons laissent derrière eux de précieux indices.

La bouche dirigée vers le fond, ils fouillent le sable et aspirent crabes, crevettes et autres petites proies. Leur passage laisse alors des traces caractéristiques sur le substrat, sortes d’empreintes buccales qui permettent au pêcheur attentif de savoir que les poissons fréquentent bien la zone.

Le bonefish est un poisson d’habitudes. Lorsqu’un groupe ou un gros sujet est passé régulièrement à un endroit, il y a de fortes chances qu’il y revienne.

Si vous trouvez régulièrement des traces sans jamais voir les poissons, le problème n’est donc pas forcément le secteur. Il peut simplement s’agir d’une question de marée et de timing.

C’est là que cette pêche commence réellement : non pas lorsqu’on aperçoit le poisson, mais lorsqu’on commence à comprendre son territoire.

Voila une adresse utile,  la fondation protection du bonefish avec une masse d’informations pour mieux comprendre cet animal.

 

https://www.bonefishtarpontrust.org/conservation/research/projects/bahamas-initiative/

 

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Première règle : le soleil et le vent dans le dos

Une phrase apprise au cours de mes voyages résume assez bien la philosophie de cette pêche :

« May the Sun and the Wind Always be at your Back. »

Garder le soleil et le vent dans le dos constitue un avantage considérable.

Avec la bonne lumière, on distingue mieux les silhouettes, les ombres, les déplacements et parfois même les reflets caractéristiques d’un poisson qui travaille sur le fond. Le vent dans le dos facilite également les lancers et permet de mieux accompagner le mouvement des vagues.

Ce n’est évidemment pas une règle absolue. Comme toujours à la pêche, l’instinct et les réflexes du pêcheur ont leur importance.

Et puis, aux Bahamas, les rencontres imprévues font partie du jeu.

 

 

*le silence est d’or*


bonefish et flat camouflage
S’il existe une deuxième règle, elle tient en un mot : discrétion.

Chaque bruit peut mettre les poissons en alerte. Chaque vague provoquée par vos jambes, chaque pas trop brutal, chaque geste inutile peut suffire à disperser un banc entier.

Il faut donc apprendre à se déplacer lentement, presque à se fondre dans le flat.

Cette pêche n’a rien d’une prospection classique en rivière. On ne lance pas mécaniquement devant soi en espérant qu’un poisson se décide. On marche, on regarde, on écoute.

Même le choix des vêtements peut avoir son importance. J’ai constaté qu’un legging porté avec un short peut être plus discret qu’un pantalon de randonnée qui claque au vent et déplace davantage d’eau lorsque l’on marche.

Dans ces paysages immenses, les détails comptent.

Au-delà des lectures et des conseils lus dans divers articles, la première rencontre avec un school, une nervous water ou un mud water peut provoquer une sentiment inédit. Savoir croiser un poisson demande une oreille attentive et des réflexes aiguisés. Une fois qu’un nervous water ou un banc se déplace, l’anticipation devient cruciale. Il faut présenter notre imitation au bon moment, la placer là où elle sera la plus efficace : juste au niveau du leader du groupe.

Tailing, nervous water et premiers frissons

La première véritable rencontre avec un school, une zone de nervous water ou un poisson en tailing reste un moment particulier.

Le tailing correspond à ces poissons qui se nourrissent la tête vers le fond, parfois au point de laisser apparaître leur nageoire caudale hors de l’eau.

Le nervous water, lui, se traduit par une agitation inhabituelle de la surface. Un banc avance sous quelques centimètres d’eau et crée une vibration presque imperceptible pour quelqu’un qui ne sait pas encore où regarder.

Avec l’expérience, l’œil apprend.

Une ombre, une vague qui ne ressemble pas aux autres, une eau légèrement troublée peuvent suffire.

Une fois le déplacement du banc compris, il faut anticiper. La bonne imitation doit arriver au bon endroit, au bon moment, idéalement devant le poisson qui ouvre la marche.

Et c’est souvent là que tout se joue.

Faire du bruit… mais juste ce qu’il faut

Paradoxalement, la présentation ne doit pas toujours être parfaitement silencieuse.

Une imitation doit parfois produire suffisamment de bruit pour attirer l’attention du poisson, sans pour autant l’effrayer.

Toute la difficulté réside dans cet équilibre.

Trop près, et le school explose dans toutes les directions.

Trop loin, et la mouche passe totalement inaperçue.

Il faut également réfléchir à sa position par rapport à la lumière, au vent et au sens des vagues. Plus on limite les vibrations et les mouvements inutiles, plus on augmente ses chances.

Cette pêche oblige constamment à observer, analyser et s’adapter.

C’est probablement ce qui la rend aussi passionnante.

Un univers façonné par les marées

l'immensité des flats, bonefish à la mouche
l’immensité des flats des Bahamas,

Les flats des Bahamas constituent un biotope extraordinaire.

À perte de vue, des étendues de sable et de palétuviers apparaissent et disparaissent au gré des marées. Certaines zones sont recouvertes d’à peine trente centimètres d’eau.

Puis l’eau se retire.

Des courants apparaissent, parfois comme de petites rivières temporaires au milieu du platier.

Tout bouge.

Et avec l’eau bougent également les poissons.

Comprendre cette mécanique demande du temps. Mais progressivement, le paysage cesse d’être uniforme. On commence à distinguer les passages, les zones de nourriture, les couloirs et les endroits où un bonefish est susceptible d’apparaître.

C’est à cet instant que le flat devient véritablement vivant.

Les gros sujets : une autre pêche

gros bonefish ile d'acklins pris à pied
gros bonefish traqué à pied

Les gros bonefish constituent encore une autre histoire.

Ils sont souvent seuls.

Ils se déplacent avec davantage de prudence et donnent parfois très peu d’indices de leur présence.

Il faut alors surveiller les petits nuages de sédiments provoqués lorsqu’ils fouillent le fond.

Lors d’une partie de pêche, alors que je scrutais l’horizon, j’ai entendu un bruit sourd à une trentaine de mètres.

Je savais approximativement d’où il venait, mais je ne voyais toujours aucun poisson.

Puis un nuage de sédiments est apparu.

Quelques instants plus tard, nouveau bruit de mâchoire, nouvelle trace sur le fond.

Le poisson était là.

Je pouvais désormais suivre sa progression et anticiper sa trajectoire.

Le problème était qu’il restait trop loin pour que je puisse lui présenter correctement ma mouche.

Il a alors fallu avancer.

Très lentement.

Presque sur la pointe des pieds.

Dans ces moments-là, le moindre bruit peut faire disparaître le poisson en une fraction de seconde.

C’est cette tension qui rend la traque d’un gros bonefish aussi captivante.

Comprendre les schools

Les bancs de bonefish peuvent présenter différents comportements.

Lorsqu’ils sont en tailing, les poissons avancent tout en fouillant le fond et en aspirant les proies qu’ils rencontrent.

Le spectacle est magnifique. Les poissons semblent progresser ensemble, chacun absorbé par sa recherche de nourriture.

En nervous water, la situation est différente. Le banc se déplace plus franchement et crée une agitation visible à la surface.

Il m’est arrivé de me retrouver entre deux groupes de poissons.

Au bout de quelques instants, j’ai compris que ma présence les empêchait d’atteindre une zone qu’ils voulaient manifestement rejoindre.

Je me suis déplacé afin de me faire oublier et j’ai présenté une imitation dans la zone qu’ils convoitaient.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : plusieurs poissons ont été capturés.

Encore une fois, ce n’était pas uniquement une question de mouche.

C’était avant tout une question de lecture de la situation.

Quelles mouches utiliser ?

fabrication de mouche à bonefish
conception de mouche à bonefish

Pour la pêche à pied aux Bahamas, les imitations de petits crabes couleur sable et de crevettes sable ou translucides constituent pour moi les valeurs sûres.

Il est indispensable de disposer de plusieurs tailles.

Même chose pour le lestage.

Je prévois généralement trois catégories :

  • une imitation non lestée ;
  • une imitation légèrement lestée ;
  • une imitation plus lourde.

Pour les modèles intermédiaires, une petite chaînette de type porte-clés peut suffire. Pour les modèles plus lourds, une chaînette de lavabo peut parfaitement faire le travail.

Enfin, pour certains gros sujets, un modèle lesté au tungstène peut devenir particulièrement intéressant.

Un gros bonefish qui a déjà refusé une imitation n’est pas forcément un poisson impossible à prendre.

Mais il a probablement appris.

Un peu comme certaines grosses truites.

Une mouche plus lourde, lancée largement en avance, peut avoir le temps de descendre et de se poser dans le sédiment.

Lorsque le poisson approche, une animation bien dosée donne alors l’impression qu’un petit crabe ou une crevette tente de s’enfouir.

Et pour un bonefish en chasse, cette présentation peut devenir irrésistible.

Quel matériel pour le bonefish ?

canne à mouche mer sage salt
sage salt 909/ mouche à carangue

La canne

Une canne de 9 pieds constitue la référence.

Les soies comprises entre 7 et 10 permettent de couvrir pratiquement toutes les situations rencontrées.

Pour ma part, je trouve intéressant de disposer de deux cannes lorsque les conditions le permettent.

Une 9 pieds soie de 7 est particulièrement agréable lorsque le vent est faible. Elle permet de pêcher plus fin et surtout de poser plus délicatement.

Lorsque le vent forcit, une 9 pieds soie de 9 offre davantage de puissance et reste une valeur sûre.

Le bonefish met déjà suffisamment les nerfs du pêcheur à rude épreuve pendant la traque.

Une fois ferré, le combat constitue la récompense.

Et il est tout aussi addictif.

Le bas de ligne

Personnellement, j’utilise un bas de ligne en fluorocarbone, dégressif du 50/100 au 30/100.

La pointe varie ensuite en fonction de la taille de l’imitation et surtout des conditions de vent, généralement entre 26/100 et 20/100.

Ma formule habituelle :

50/100 : 70 cm
40/100 : 80 cm
35/100 : 50 cm
30/100 : 50 cm
Double micro-boucle
Pointe : environ 1,50 à 1,80 m

C’est un montage qui m’a donné satisfaction dans de nombreuses situations.

Le moulinet : aucun compromis

S’il y a un élément du matériel sur lequel il ne faut pas transiger, c’est le moulinet.

La vitesse d’un bonefish peut surprendre même un pêcheur expérimenté.

Le frein doit être fiable, progressif et parfaitement régulier, particulièrement lorsqu’on pêche avec une pointe fine en 20/100.

Le moulinet doit également pouvoir être ouvert facilement et surtout rincé correctement.

Après chaque sortie, le matériel doit être soigneusement rincé à l’eau douce.

Le sel ne pardonne pas.

Ne pas négliger le backing

Pour le backing, je pêche personnellement en 20 lb, même si du 30 lb peut parfaitement se justifier.

La véritable question concerne surtout la longueur disponible sur le moulinet.

Je considère 150 mètres comme un minimum.

Deux cents mètres apportent encore davantage de sécurité.

Car lorsqu’un gros bonefish décide de partir sur son premier rush, il est pratiquement impossible de l’arrêter.

Et c’est très bien ainsi.

Seul ou avec un guide ? bonefish capturer à la limite des paletuvier

Si vous découvrez cette pêche pour la première fois et que vous voyagez seul, prendre un guide pendant au moins une journée est probablement l’un des meilleurs investissements que vous puissiez faire.

Vous gagnerez un temps considérable.

Cela n’enlèvera rien au plaisir de la découverte. Bien au contraire.

Comprendre l’influence de la marée, même lorsqu’elle paraît minime, demande une certaine expérience.

Sur certaines îles peu habitées, organiser un séjour de pêche peut par ailleurs devenir une aventure en soi.

J’ai personnellement eu la chance d’être adopté par une famille locale qui m’a énormément aidé dans l’organisation de mes séjours.

Grâce à elle, j’ai pu vivre bien davantage qu’un simple voyage de pêche.

J’ai découvert une véritable expérience bahaméenne.

Et finalement, c’est sans doute cela que je retiens le plus.

Le bonefish vous fait venir sur les flats mais ce sont les paysages, les rencontres, le silence et cette sensation de marcher au milieu de nulle part qui vous donnent envie d’y revenir.

Franck Coudière

 

bonefish capturer sur un flat de de Acklins

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